baden baden

78

2010

http://badenbaden.fr

01. 78
02. Anyone
03. Tout est bien
04. Alice
05. The book
06. TV

Il existe à Paris un petit théâtre, sans plus de concierges que de francs-maçons, qui se nomme La loge. Eric Javelle y avait en quelque sorte élu domicile, vu le nombre de semaines où il a tenu l’affiche et joué ses chansons folk en solo sous le nom de n’é. Je l’eus fin lorsque le temps d’un week-end parisien je proposais à ma douce d’assister à l’un de ses concerts. Grisé par la mélodie de « You are the wine » je fis sa connaissance. Aujourd’hui, Eric l’architecte continue la construction de son univers musical avec ses amis musiciens, sous le nom d’une station thermale allemande qui exhale les souvenirs d’une fuite de nos vieux livres d’histoire poussiéreux : Baden-Baden.

Le groupe nous livre, avec brio, 78 leur premier EP composé de chansons chantées en français et en anglais. Il règne à l’écoute de ce premier opus un sentiment de love, quiétude et légèreté qui nous enduit le cœur d’un baume suave et agréable.

Le premier titre, « 78 » annonce une pop introspective avec cette question « Are we going nowhere ? ». Le principe n’est pas de savoir où l’on va mais simplement de partir. Ce titre surfe sur une vague de guitare saturée pour nous inviter à goûter à la liberté avant qu’il ne soit trop tard. La pop somptueuse de Mercury Rev s’invite discrètement sur un « Anyone » sobre et envoûtant. Une atmosphère feutrée s’en détache avec ses cuivres éthérés. Arrive enfin avec « Tout est bien » le premier titre en français. Un chanson, superbement arrangée, teintée de mélancolie avec son message mystérieux « Là où je vais les gens n’ont pas de regrets ». Une pop dandy avec la classe d’Alain Chamfort et la mélancolie d’Autour de Lucie. « Alice » s’avère être la chanson la plus positive de ce premier opus. Une déclaration d’amour d’une beauté naïve où « Le temps est un leurre et tu ne l’es pas » qui me rappelle l’album Nouvelles du paradis de Chelsea et le délicat « L’homme de trop ». Il s’agit ici de vaincre la timidité et d’oser, de se lancer, de risquer : « J’aurai si peur mais je ferai le pas ». Cette chanson à la fragilité d’un point de dentelle dont le fil timide risquerait de s’évader, de s’enfuir. Sur « The book » nous retrouvons des paroles de Jérôme Voisin de Roken is Dodelijk. Une chanson à écouter un jour de pluie, lorsque les gouttes s’écrasent nonchalamment sur les vitres comme les notes du xylophone qui résonnent dans notre coeur. Ah ! Ces hommes qui ont tant de mal à exprimer leurs sentiments mais baby « I’m a book in your head ... a book that you never read » et cela te fait rire ! N’en parlons plus, je te regarde, j’aime tes yeux, tu es ma « TV » ! Comme les Thugs, Eric Javelle est un « Dreamer » et c’est tant mieux.

Vincent GILOT aka Le Guise
30 janvier 2011